Les vitraux de la cathédrale pendant la guerre

Les vitraux de la cathédrale pendant la guerre

VVitrail Chartres - Démonté pendant la seconde guerreoici près de 800 ans qu’ils nous émerveillent par leurs couleurs chatoyantes. Plus de 2 500 m² (en fait on est proche des 2 600) et 173 verrières, la plupart réalisés dans un temps record (une trentaine d’années) : tous ces chiffres rendent la cathédrale exceptionnelle. Mais comment les chartrains ont ils réussi le tour de force de les conserver intacts pendant la seconde guerre mondiale ?

Cathédrale de Chartres - Seconde guerre mondialeDépose des vitraux pendant la guerre

Au cours des deux guerres, les vitraux ont tous été déposés. Si je vous dis qu’un panneau pour les verrières occidentales fait plus de 1 mètre sur 1 mètre (je vous ai mis le « carré » de l’Annonciation pour que vous puissiez vous faire une idée), vous comprendrez le tour de force et l’exploit : pendant la seconde guerre, il a fallu moins de deux semaines pour descendre l’intégralité des verrières, les numéroter, les mettre dans des caisses. Ce travail de folie a eu lieu entre le 25 août et le 4 septembre 1939 (tout avait déjà été programmé et préparé en amont). Les caisses avaient été réalisés avec un isolant et du liège.


Château de Fongrenon - Vitraux de Chartres seconde guerre mondialeDans le Périgord

Tout d’abord, les vitraux furent conservés dans la crypte (au niveau de l’actuel baptistère, côté sud). Ensuite, les troupes allemandes se rapprochant de Chartres, il fut décidé du transport des caisses direction le Périgord, à 20 km de Brantôme. Un chartrain avait de la famille dans le petit village de Cercles et la région étant truffée de grottes et de galeries, le lieu semblait idéal pour cacher les précieuses caisses. Ce sont les carrières souterraines du château de Fongrenon qui furent choisies. A noter que ce merveilleux Périgord reçut également en « protection » de nombreuses oeuvres des musées français : le patrimoine fut bien mis à l’abri. Seules 539 caisses sur plus de 1000 purent quitter Chartres. Les autres restèrent dans la crypte. Et pour la petite histoire, c’est Jean Moulin, alors préfet de Chartres qui organisa le transport. Pendant la guerre, c’est du vitrex qui remplaça la couleur de nos vitraux. Et pendant les hivers 43 et 44, la neige avait fait une entrée remarquée dans la cathédrale.
Quant à la fin de la repose : il fallut attendre octobre 1948 pour les voir de nouveau pour notre plus grand plaisir… et pour longtemps encore je l’espère.

Vous souhaitez en savoir plus sur les vitraux et sur l’histoire de Chartres pendant la guerre ? n’hésitez pas à me contacter pour programmer votre visite.

Posted on: 9 avril 2017Véronique Domagalski - Guide conférencière