Chartres

Dromadaires et éléphants dans la cathédrale de Chartres

animaux dans la cathédrale - Vitrail de Noé dromadairesRetour sur les animaux dans la cathédrale de Chartres et leurs représentations. Le 13 siècle a connu la période des croisades. A cette occasion, les artistes ont reçu de nouvelles inspirations.  Les pèlerins de retour de terre Sainte ont probablement ramené de nombreux croquis. 2 verrières majeures de la cathédrale, toutes deux situés dans le bas côté nord nous offrent quelques belles représentations : le vitrail de Noé et le vitrail de Joseph.

Le vitrail de Joseph

Dans notre étude sur les animaux dans la cathédrale : regardons tout d’abord nos dromadaires sur le vitrail de Joseph. Ils sont situés tout en haut de la verrière, dans l’histoire, c’est le moment où les fils de Jacob vont en Egypte. Les jambes grêles des animaux sont très finement observées. Les pieds ongulés également. Vous observerez le traitement du cou : allongé à la courbe légère. Ces cous portent les cloches… Si vous êtes observateur, vous remarquerez sur la deuxième photo le détail qui justement, « cloche »… Cette cloche jaune est « dessiné » à l’envers…. étourderie du verrier ?

animaux dans la cathédrale - Dromadaires vitrail de Joseph

Continuons notre recherche des animaux dans la cathédrale

Pour le vitrail de Noé, ce qui m’amuse toujours ce sont les éléphants roses. Ils sont évocateurs non pas du fait que Noé, cultivateur de la vigne fut le premier à s’enivrer, mais plutôt que les descriptions des éléphants indiquaient que ceux ci étaient énormes à la peau apparente. Or, le seul « gros » animal à la peau apparente connue par l’homme médiéval était le cochon. Ainsi, il suffisait au verrier d’ajouter une trompe à un cochon et le tour était joué, l’éléphant était créé.

animaux dans la cathédrale - Vitrail de Noé dromadaires

Pour en savoir plus sur l’art du vitrail, je vous conseille de visiter le Centre International du Vitrail

Ce musée est autant un lieu d’expositions, qu’un centre de recherche et de ressources sur le vitrail depuis le moyen-âge jusqu’à nos jours.

Le pont Bouju

Sur le pont Bouju, on y passe… on y passe ! Le Pont Bouju qui franchit la rivière entre la rue de la Porte Guillaume et la rue du Bourg, montant vers la ville haute et la cathédrale, est probablement la vue la plus photographiée de Chartres en dehors de la Cathédrale. Le pont porte le nom d’une famille chartraine qui habitait dans le quartier.

pont-bouju-peinture Autrefois, on le nommait Grand Pont, même si il était bien plus court que le Pont Saint-Père à côté de l’église Saint-Pierre (anciennement Abbaye Saint-Père en Vallée). Sa particularité : il était construit de maison.

pont-bouju-chartres

Des maisons sur le pont

En regardant la photo actuelle, vous remarquerez à droite une maison avec une poutre de bois : c’était l’emplacement des maisons anciennes qui s’accrochaient ici et reposaient sur des pilotis dans la rivière pour une grosse partie et de l’autre étaient posées sur le pont.

pont-bouju-photo-ancienne

Regardez bien les 2 gravures : on voit ses constructions qui, le moins qu’on puisse dire, devaient être plutôt humides.

La dernière maison fut démolie en 1871.

pont-bouju-kruysenJe vous ai également mis un tableau d’Anton Kruysen. Celui-ci représente la vue du pont vers la cathédrale avec les maisons de la rue du bourg en dessous.

Voici mon petit truc si vous venez découvrir Chartres pour avoir la jolie photo. Mettez vous bien à l’angle du pont, le long du mur… De ce petit coin, vous avez la vue sur la cathédrale et sa rose sud avec les quartiers historiques en dessous.

Vous voulez en savoir plus sur les ponts et quartiers historiques de Chartres ? Profitez des visites cité Médiévale de l’Office de Tourisme de Chartres Métropole.

La collégiale Saint-André

14876605_1252988411431056_4283639090181116459_oHistoire de la Collégiale Saint-André

La Collégiale Saint-André, aujourd’hui lieu d’exposition incontournable à Chartres, fut une des plus importantes paroisses de Chartres à l’époque médiévale.

La construction de cet édifice a probablement débuté vers l’an 960, sur le site de l’amphithéâtre gallo-romain. Elle fut promue collégiale par l’évêque Saint Yves en 1108. La façade occidentale date du XIIIème siècle et, par conséquent, est en pur style roman.

Portail Collégiale Saint-AndréLe portail de la Collégiale Saint-André comprend une porte en plein cintre encadré par deux fausses arcades. Les colonnettes sont coiffées de chapiteaux corinthiens. De la corbeille d’acanthe surgissent des têtes humaines très expressives. Entre le portail et les baies vitrées, une corniche est soutenue par des mascarons grimaçants de toute évidence de la même facture que ceux qui ornent le clocher vieux de la cathédrale. Au-dessus des baies vitrées, s’élève le pignon dont la rose de style gothique flamboyant fut détruite en 1861. La rosace datait de 1484.

Un pont au dessus de la rivière

Au début du 13e siècle, on jeta sur l’Eure une arche destinée à supporter le chœur. Vers 1520-1530, la largeur de l’arche fut doublée pour supporter six chapelles latérales. Vers 1544-1560, une seconde arche fut construite, enjambant la rue du massacre et permettant d’atteindre le cimetière existant sur la rive droite. Cette arche donnait également accès à une chapelle basse construite dans le cimetière. En 1560, une chapelle fut édifiée sur l’arche elle-même. Jehan de Beauce a-t-il participé aux travaux de la Collégiale ? Certains lui attribuent, sans preuve, la construction de la chapelle Saint-Ignace, commencé vers 1503, c’est à dire avant l’incendie du clocher nord de la Cathédrale qui devait être reconstruit par Jehan de Beauce.

interieur-collegiale-saint-andreJehan de Beauce est décédé en 1529 et a été inhumé à Saint-André. La Collégiale Saint-André Saint-André fut désaffectée en 1791. Le 22 février 1805, la chapelle absidiale s’écroula. Il est probable que cette chute compromit la solidité du grand chœur qui fut démoli en 1827. Pendant la seconde guerre mondiale, les occupants s’emparèrent de l’édifice pour stocker des vivres et du matériel. Ils détruisirent le tout en y mettant le feu le 16 août 1944.

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur cette église : je vous recommande la visite autour des quartiers historiques.

L’affaire Chasles – Vrain Lucas

chaslesJe l’avais évoqué lors de ma dernière visite sur les chartrains célèbres ; s’il y en a bien un qui m’a totalement amusé dans mes recherches, c’est peut être le plus savant de nos chartrains mais également le plus naïf : Michel Chasles.
Tout le monde a en tête le fameux théorème ou la relation de Chasles (plus facile pour les pas doués en maths dont je suis) et petit plus à son actif : il a inventé le terme homothétie (point invariant)… bref, je ne suis pas là pour faire des mathématiques, mais pour vous parler d’un fait divers qui a passionné le monde scientifique et bien entendu, tenu en haleine les amateurs d’affaires croustillantes.

 Denis_Vrain-LucasNommons le deuxième protagoniste de ce que nous appellerons l’affaire « de la collection Chasles » : il s’appelle Denis Vrain Lucas. il est de Châteaudun (encore un eurélien !). Chasles est un collectionneur d’autographes et de lettres. En 1862, Vrain Lucas se présente chez lui et lui propose une lettre de Molière. Chasles enthousiaste en fait l’acquisition et Vrain-Lucas, fort de cette première approche, lui signale qu’il y en a d’autres… et d’autres… et d’autres. Vrain-Lucas vend ici un sauf conduit de Vercingétorix à Pompée (écrit en parfait français !), une lettre de Jeanne d’Arc aux Parisiens (elle n’avait que ça à faire !), une correspondance enflammée de Cléopâtre à César, d’Alexandre à Aristote… et j’en passe et des meilleurs.
Vercingétorix_à_PompéeJe précise : toutes ces lettres sont en français et notre scientifique local n’en paraît même pas étonné. Les choses vont être rendues publiques en raison de l’enthousiaste de Chasles. Vrain Lucas lui a vendu une lettre de Pascal à Newton disant que c’est lui et non l’anglais qui a découvert l’attraction universelle le premier. Le tout divise Paris…. et évidemment met au jour la plus belle escroquerie d’un esprit scientifique.
J’avoue que j’ai totalement résumé cette affaire qui mériterait véritablement une conférence tant elle est drôle et riche en anecdotes.

Sacré Chasles !

Les Borgia : légendes et vérités

Prochaine conférence sur la famille Borgia, qui est probablement de celle qui a le plus défrayé la chronique à la Renaissance. D’origine espagnole, ils ont donné à l’église 2 papes et un saint.

BORGIA-Pinturicchio-Fresque-de-Ste-CatherineLes Borgia ont également inspiré de nombreux écrivains, dont Machiavel et Victor Hugo.

Avec de cette conférence, je vous propose une présentation de l’histoire de cette famille où nous tenterons de démêler la part de légende et la réalité historique de ses différents protagonistes. Et à travers eux, nous pourrons voir également tous les bouleversements des mentalités entre la fin du moyen-âge et la renaissance.

Date : le 16 décembre à 14h30 dans le cadre des rendez-vous de la Maison du Saumon programmés par l’Office de Tourisme.

Réservation au 02 37 18 26 26 ou info@otchartres.fr

Prochaine conférence : Madame de Montespan le 13 février.

Légende de Noël : les animaux qui parlent !

A l’aube des fêtes, dans nos campagnes, les mystères de Noël font trotter l’imagination et bien souvent, il se raconte de drôles de légendes… En voici une que les anciens tenaient de leurs anciens qui eux-mêmes la tenaient des leurs. Autant vous dire qu’on ne s’y reconnaît plus. De mon côté… je remercie Michel Brice de me l’avoir contée un jour. Voici la retranscription : On racontait alors que dans le milieu de la nuit de Noël, les animaux, en souvenir du bœuf et de l’âne qui ont eu le privilège de réchauffer de leur souffle l’enfant dans la crèche, se mettent à parler. Vous avez bien lu : à parler !
Dans un village, près d’Equillemont, un garçon de ferme, plus curieux que les gens du village où il habitait, a décidé d’en avoir le cœur net. « Ne fais pas ça malheureux, lui dit sa mère. Ce sont les mystères de Noël, il ne faut point y démêler, mais juste y croire ». Mais têtu, le garçon décida de chercher la réponse à sa question : les animaux parlent-ils vraiment la nuit de Noël ?
Le soir de Noël, il se rendit dans l’écurie. Silencieusement, le curieux attendit. Rien. Il se décida alors à réveiller un cheval : « Dis donc la bête : raconte-moi un peu ce que tu vas faire demain ! ». L’animal leva la tête et répondit tranquillement : « demain, je ne fais rien. Par contre, après-demain, je vais travailler pour toi. »
Tremblant, et plus surpris qu’il n’aurait pensé, le garçon de ferme erra dans la nuit, hagard. Après plusieurs heures, il rentra, se coucha et s’endormit. Le lendemain, il ne se leva pas. Il était mort. On le prépara, et le lendemain… aucun des chevaux du charretier ne voulait tirer la charrette. Enfin, non, pas tout à fait… Un seul voulut le faire : celui qui lui avait parlé la nuit de Noël et qui lui avait dit qu’il travaillerait pour lui… Et c’était bien vrai !
Bon.. en visuel, point de cheval mais l’Asne qui vielle, qui ne parlait pas mais voulait chanter !