L’enclos de Loëns

L’enclos de Loëns

Centre International du vitrail - Copyright Office de Tourisme de ChartresBien que ne faisant pas partie du Cloître Notre-Dame, ce bâtiment appartenait autrefois au clergé de la Cathédrale. Le chapitre, extrêmement riche, possédait en Beauce environ 6000 ha de blé et 7000 ha de vignes. Car la vigne était cultivée en Beauce. Par exemple, il faut savoir qu’au moment de la révolution, sur 10 conscrits, 7 étaient vignerons. Et même si elle a disparu totalement au 19e siècle suite au phylloxéra, la ville en garde un souvenir important avec des rues comme le Faubourg la Grappe, la place de l’Etape au Vin, la rue de la Tonnellerie, etc. De plus, le clergé percevait la dîme, c’est à dire un dixième des récoltes de chaque paysan beauceron. Pour conserver toutes ces denrées, le clergé possédait à travers la région plusieurs bâtiments du même type que celui-ci.

L’ensemble du bâtiment sert maintenant au Centre International du Vitrail. L’atelier-musée et le centre de documentation de ce centre unique en France offrent une vision globale, diversifiée et vivante de l’art et des techniques du vitrail. Démonstrations, expositions, visites-conférences, ateliers d’initiation pour les enfants, stages de formation pour les adultes, cours d’histoire de l’Art permettent à tous d’aborder facilement les différentes étapes de la réalisation d’un vitrail. Ouvert toute l’année, le Centre est devenu le passage obligé de l’activité internationale du vitrail.

ARCHITECTURE

Le bâtiment se décompose de façon suivante : la partie visible forme le Grenier, endroit où était entreposé le grain. C’est une architecture de charpente du 13e siècle à 3 pignons. Ce bâtiment a été restauré en 1974 bénéficiant de la loi Malraux (1962). La travail a été confié à un compagnon charpentier d’où une très grande fidélité par rapport au bâtiment d’origine : les techniques des charpentiers n’ont guère changé depuis le Moyen Age.

Le Cellier que l’on ne voit pas servait à entreposer le vin. Cette architecture bénéficie d’un site exceptionnel en pente douce ainsi que d’une bonne orientation permettant de conserver une température quasi-constante.

Bien que son architecture l’amène à être comparé à une église, le cellier est un bâtiment civil. Il présente 3 nefs voûtées d’ogives. La voûte est en tuffeau, les piliers sont en pierres de Berchères (pierres très solides qui servirent à la construction de la Cathédrale). Les chapiteaux surmontant les piles sont tous décorés de motifs de feuillages différents et on ne peut voir ici qu’une seule représentation humaine : console d’angle. Cette représentation quelque peu grotesque peut représenter le Dieu païen Bacchus protecteur de la vigne et du vin. On comprendrait alors le souci qu’ont eu les sculpteurs à le placer à l’écart de la vue : le cellier, ne l’oublions pas, appartenait au chapitre. Les trous que l’on peut voir dans les murs servaient à placer les échafaudages. On les appelle des trous de boulins.

HISTOIRE

Selon l’abbé Guy Villette, l’origine du nom “Lauhen” est vraisemblablement francique (langue parlée par les Francs et d’origine germanique) et signifierait Grange.

La totalité de l’enclos comprenait autrefois plusieurs bâtiments aux vocations diverses. On comptait ainsi de nombreux magasins, entrepôts, voire des prisons appartenant au chapitre de la Cathédrale, chapitre composé de 76 chanoines, de 17 dignitaires, de nombreux chantres, chapelains et officiers de toutes natures.

A la révolution, la salle de Loëns fut nommée maison de la conciliation, et elle devint un magasin des subsistances militaires. En février 1848, le club chartrain en prit possession. Mais cette nouvelle phase de son histoire ne devait durer que quelques mois. Elle retomba bientôt au rang d’entrepôt de marchandises. Vers les débuts du cinématographe, les frères Lumière y auraient présenté leurs premiers films.
On peut noter que la salle servit probablement d’entrepôt pour le sel durant la première moitié de notre siècle. Cette activité a eu pour effet de dégrader la voûte. Au-dessus de la grande porte sur le linteau, on peut voir les encoches où se logeaient les cordes pour descendre le vin dans le cellier.

L’ensemble du bâtiment sert maintenant au Centre International du Vitrail. L’atelier-musée et le centre de documentation de ce centre unique en France offrent une vision globale, diversifiée et vivante de l’art et des techniques du vitrail. Démonstrations, expositions, visites-conférences, ateliers d’initiation pour les enfants, stages de formation pour les adultes, cours d’histoire de l’Art permettent à tous d’aborder facilement les différentes étapes de la réalisation d’un vitrail. Ouvert toute l’année, le Centre est devenu le passage obligé de l’activité internationale du vitrail.

Posted on: 30 octobre 2013Véronique Domagalski - Guide conférencière