L’église Saint-Pierre – Abbatiale de Saint-Père en Vallée

L’église Saint-Pierre – Abbatiale de Saint-Père en Vallée

L’ancienne abbatiale Saint Père en Vallée, est issue d’une fondation bénédictine située à l’emplacement d’un très ancien lieu de culte, et dont la création serait antérieure au VIIe.

Église_Saint-Pierre_de_Chartres_09Plusieurs fois détruite, elle fut relevée vers 930. La tour occidentale édifiée vers l’an mil est le vestige le plus ancien encore debout. Sa structure massive n’est pas sans rappeler    les donjons de Nogent le Rotrou, Epernon, Auneau…

Les baies en plein cintre qui éclairent les étages ont été rétrécis en meurtrière et accusent une utilisation défensive de l’ouvrage.La po rte Nord ne fut percée qu’au XIIe siècle. C’est de cette époque que datent également la charpente du beffroi et celle de la toiture.

Plusieurs fois ruinée par les incendies, en particulier en 1077 et en 1134, l’abbatiale fut reconstruite en plusieurs campagnes. Les travaux débutèrent par le chœur, en 1165 sous l’administration de l’abbé Foucher, c’est à cette occasion que fut redécouvert le tombeau de Saint Gilduin mort en 1077. De cette époque dateraient les grandes arcades du chœur (aux chapiteaux cubiques particulièrement élégants) et, les chapelles voisines de l’abside.

C’est au début du XIIIe siècle que se situe la construction de la nef. Elle consacre le déplacement vers le nord de l’axe du nouvel édifice par rapport à l’ancien, ce qui se matérialise par un décrochement au droit du clocher.

L’élévation intérieure est à trois niveaux : grandes arcades, triforium aveugle et grandes verrières très simples à deux lancettes et un oculus.

Les voûtes barlongues quadripartites sont contrebutées par des arcs boutant à double volée très tendue dont les culées sont dépourvues de pinacles.

La construction des parties hautes du chœur reprit à la fin du XIIIe siècle.

Dans le but de recevoir les nervures des voûtes, des colonnettes engagées furent rapportées au devant des piles rondes du XIIe siècle. Un triforium ajouré, puis de hautes verrières à double lancettes et oculus, elles même dédoublées en lancettes secondaires constituent avec les grandes arcades les trois niveaux intérieurs dont l’élancement s’élève de plus de deux mètres au-dessus de la nef.

L’ensemble est couvert de voûtes barlongues quadripartites, contrebutées d’arcs boutant à double volées, mieux équilibrés et dont les culées sont également dépourvues de pinacles (sauf à effet décoratif). De cette époque pourrait être daté l’achèvement du déambulatoire et des chapelles rayonnantes.

C’est à cette époque également, que furent exécutés les remarquables vitraux polychromes actuellement encore en place (extrême fin du XIIIIe siècle / tout début du XIVe siècle), et que date la polychromie des murs et des voûtes dont les vestiges ont été récemment découverts sous des badigeons plus tardifs, et qui semblent couvrir une surface assez conséquente.

37200514.9665f0c3.640Regardez bien ces vitraux : de nombreuses fois, les sujets sont répétés. Seules les couleurs changent. En effet, au Moyen-Âge, les maîtres verriers étaient payés au nombre de cartons (dessins) réalisés et non au nombre de verrière. Dans le vitrail ci-contre, 2 cartons, ont permis de réaliser 4 personnages, donc, économie.

Au XVIe siècle (quelques améliorations de mobilier) et surtout au XVIIe siècle, des modifications furent apportées à l’édifice : élargissement des fenêtres des chapelles absidiales et du déambulatoire, construction des chapelles Saint Marc et Saint Benoît entre les précédentes. En 1665, une importante inondation conduisit à hausser le niveau du sol intérieur et à transférer les reliques de Saint Gilduin. Jusqu’à la Révolution, aucune modification notable n’est à signaler.

L’église est rendue au culte en 1803, tout de suite après la Cathédrale.

La démolition de l’église Saint Hilaire entraîne la mise en dépôt des vitraux du XVIe siècle dans le triforium du chœur de Saint Pierre, primitivement clos de grisailles. La sacristie fut construite en 1845 entre les chapelles de la Vierge et de Saint Joseph anciennement Saint Nicolas, et au Sud une salle paroissiale. De cette époque datent les aménagements intérieurs du chœur, et quelques tentatives localisées de restauration des peintures des voûtes du déambulatoire. A la fin du siècle, les fenêtres du rez-de-chaussée ont été garnies de vitraux dont plusieurs ont souffert lors de la dernière guerre mondiale.

L’église Saint Pierre a été classée parmi les Monuments Historiques sur la liste de 1840.

Des travaux furent entrepris successivement par Charles Dorian et Guy Nicot, Architectes en Chef des Monuments Historiques, pour la consolidation des voûtes de la nef par arcs diaphragmes en béton armé au dessus des doubleaux, et pour le début de la restauration des vitraux du début du XIVe siècle, nef : baies Sud et Nord partielles.

L’église Saint Pierre est inscrite à la loi de Programme sur le Patrimoine Monumental 1988-1992.En décembre 1990 a été achevée une étude générale qui fait l’inventaire des très importants travaux conservatoires et de mise en valeur à entreprendre.

L’église est magnifiquement mise en lumière pour Chartres en Lumières.

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Posted on: 28 avril 2015Véronique Domagalski - Guide conférencière