Le théâtre de Chartres

Le théâtre de Chartres

DSC01260Temple de la culture ou de l’évasion, le théâtre est avant tout « le goût de vivre ailleurs » disait Louis Jouvet. Et, passer la façade illuminée en empruntant l’escalier d’entrée, c’est s’offrir un voyage dans le passé.
Car ici, tout fleure bon le théâtre du 19e siècle avec son atmosphère feutrée mais luxueuse traduisant parfaitement l’opulence du pays sous le second empire.
C’est le 28 avril 1861 que le rideau rouge s’est levé pour la première fois. Le spectacle inaugural était gai et chatoyant comme il se devait alors avec un opéra comique d’Halévy « les Mousquetaires de la Reine ». La salle était comble et le prix de la 3e galerie n’excédait pas 75 centimes.

Un lieu historique !Théâtre de Chartres vue ancienne

Mais avant de voir ce spectacle, les chartrains durent choisir un lieu pour leur théâtre. La ville en proposa plusieurs : place Châtelet, sur la promenade Sainte-Foy ou à l’angle du boulevard Saint-Michel (actuel boulevard Chasles) et de la rue des Petits Blés (rue Chanzy). C’est ce dernier emplacement qui fut retenu malgré les polémiques du moment. Cet endroit ressemblait à un gigantesque terrain vague où les Chartrains avaient peur de voir les calèches s’enliser. Pourtant, c’est ce même quartier qui allait devenir à Chartres le fleuron de l’architecture du 19e siècle.
La municipalité choisit le projet de l’architecte Piébourg « parce qu’il réunissait toutes les commodités qu’exigent les différents services de l’intérieur, le bien être et la satisfaction du public qui va voir et entendre ». La construction fut rapide : en quinze mois à peine, l’édifice était prêt à accueillir son public.
L’intérieur comporte tous les éléments du théâtre classique à l’italienne : la scène est légèrement inclinée ; le parterre, face à elle, accueillait les personnalités locales ; au premier niveau, le balcon est accompagné de ses loges (avec tabouret et non fauteuil pour permettre aux dames en crinoline de s’assoir) ; le second était « réservé aux classes moyennes » et enfin la troisième galerie appelée poulailler pour les classes les plus populaires. C’est cet endroit légendaire autrefois qui faisait frémir les artistes. Si on le surnommait Paradis, il ressemblait souvent à l’enfer pour les auteurs, les occupants n’hésitant pas à s’enflammer et à jeter toutes sortes d’objets quand le spectacle ne leur convenait pas. Mais, à Chartres, le public, bien que toujours plus nombreux, fut sage et attentif à ce qui se donnait à voir et à entendre.
Pour finir cette promenade d’un autre temps, n’oublions pas le foyer où chacun aimait se montrer durant l’entracte.
Le Théâtre de Chartres a suivi l’évolution des époques historiquement traversées et, à travers ses heurs et malheurs, il n’a jamais failli à sa vocation de distraire. Les plus illustres artistes y ont été applaudis : Réjane et Frédérick Lemaître, la grande Sarah Bernard et plus près de nous Bourvil et Romy Schneider.

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Et le théâtre continue sa vie culturelle avec des programmations toujours très sympathiques !

Pour plus d’informations sur la programmation : consulter le site du théâtre de Chartres

Posted on: 10 juillet 2015Véronique Domagalski - Guide conférencière