Le labyrinthe de la Cathédrale

Le labyrinthe de la Cathédrale

Situé au milieu de la nef de la Cathédrale de Chartres entre les troisième et quatrième travées, incrusté dans le dallage, le labyrinthe de la Cathédrale date du début du 13e siècle.

DSC_0138Il est le seul labyrinthe médiéval de France à être contemporain de la construction de la cathédrale où il se trouve.

En effet, au 18e et au 19e siècles, de nombreux labyrinthes ont été détruits, souvent à la demande du clergé lui-même : Amiens, Reims, Auxerre, Sens.  Par ailleurs, il est l’un des plus grands labyrinthes jamais réalisés en France avec un diamètre de 12,88 mètres (ce diamètre est à peu près similaire à celui de la rose centrale) et un parcours (l’ensemble déroulé) de 261,50 mètres.

Un parcours spirituel dans la cathédrale

laby_eric_1A Chartres, le labyrinthe était également appelé la lieue ou le chemin de Jerusalem. En effet, il s’agissait d’un pèlerinage à l’intérieur même de la Cathédrale. Le pèlerin s’agenouillait et accomplissait le parcours en récitant des « Miserere ». L’entrée du labyrinthe se trouve à l’ouest et le pèlerin se dirigeait vers l’est. Il fallait environ le même temps pour accomplir ce chemin que pour parcourir une lieue à pied, d’où le nom donné. Issu de la tradition païenne, le labyrinthe reste néanmoins un parcours spirituel et un élément essentiel du symbolisme chrétien.

Ce cheminement est constitué de 272 dalles blanches en pierre de Berchères, larges de 34 centimètres. Ce chiffre de 272 correspond au nombre de jours entre l’Annonciation et la Nativité, deux grands moments de la liturgie dédiée à la Vierge Marie pour qui la Cathédrale de Chartres est consacrée, ou plus simplement, c’est le nombre de jours que comporte la grossesse.

La marqueterie se compose de pierres de marbre bleu-noir (extraites près de Givet) de 8 centimètres de large. La bordure dentelée comporte 113 encoches.

Chartres_cath_in-053Le labyrinthe possède 4 zones et 11 anneaux concentriques. Le cheminement est continu et il n’y a aucun obstacle : c’est un parcours et non un jeu. Le pèlerin débouche à la fin au centre du labyrinthe au cœur d’une rose à 6 pétales dont l’élément central est manquant.

Il y avait autrefois une plaque de cuivre scellée au centre. Cette plaque a disparu à la révolution (probablement fondue en 1792 avec le bronze des cloches pour faire des canons). Elle décrivait le combat de Thésée et du Minotaure faisant référence au mythe antique de Cnossos (où Thésée aurait, grâce au fil d’Ariane, parcouru le labyrinthe du Minotaure construit par Dédale). Le dessin devait être gravé au trait et la plaque devait être évidée entre les personnages, ce qui explique la disposition irrégulière des tenons encore visible de nos jours (il n’y a aucune volonté de représenter une constellation !).

2 copies du labyrinthe de la Cathédrale de Chartres existent aux Etats-Unis, dans l’état de Californie à San Francisco. Elles sont situées à l’intérieur et à l’extérieur de la cathédrale épiscopalienne : Grace Cathedral dans le quartier de Nob Hill.

Pour en savoir plus :

Le Labyrinthe de la Cathédrale de Chartres - Un jour à Chartres vimeo play

Références :

  • Un fil d’Ariane pour la Cathédrale de Chartres « Acte du colloque des amis du Centre Médiéval Européen de Chartres – 1998 »
  • « Le guide de Chartres » de Jean VILLETTE
  • « Les maîtres constructeurs de Chartres » de John JAMES
  • « L’énigme du Labryrinthe de Chartres », extrait de la revue « Notre-Dame de Chartres »
  • “Walking a sacred path” du Dr lauren Artress, édition Riverhaed Books

 

Posted on: 25 août 2015Véronique Domagalski - Guide conférencière