Légendes et anecdotes

Les poissons chartrains

1er avril oblige : petit retour sur nos poissons chartrains… Le saumon tout d’abord sur la maison qui porte son nom. Sachez qu’il était pêché en abondance dans nos rivières… mais que sa texture blanchâtre (il n’avait pas le sel pour lui donner sa couleur !) un peu caoutchouteuse n’en faisait pas un met goûteux.

Zodiaque-6773Le vitrail du zodiaque en la cathédrale présente un tandem de poissons fort sympathiques. Non loin de là, l’horloge astrolabique du 14e siècle avec son aiguille qui permettait de connaître la position du soleil, de la lune et surtout de savoir quel était le signe du zodiaque du moment. horloges-9724ccVous verrez aussi les petits poissons du portail nord (à droite dans les voussures extérieures) et enfin au portail royal, portail de droite (celui de la vierge) dans les voussures intérieures tout en bas (juste en dessous des gémeaux).

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Alors vous me direz, c’est bien joli, mais le 1er avril, ça veut dire quoi ? Quelques raisons s’entremêlent…


L’historique : Charles IX en 1564 a décrété l’édit de Roussillon afin d’uniformiser le calendrier annuel. Dans certaines villes ou régions, l’année commençaient à Pâques, au 1er mars, ou… au 1er avril. Charles IX a décrété que partout, le 1er de l’an serait le 1er janvier… Résultat : au lieu de se souhaiter la bonne année, on faisait des blagues le 1er avril.
La religieuse : même si cette année, Pâques était exceptionnellement tôt, souvent, le 1er avril tombait en plein carême. Comme le poisson (qui était le symbole de Jésus !) était un aliment très consommé pendant cette période, ce jour permettait de faire une pause tout en conservant le côté religieux et austère du carême. La pause était d’autant bienvenue qu’au Moyen-âge on affirmait que Jésus ne riait pas. La période de Carême était donc non seulement un jeûne alimentaire, mais également une période sans rire.
Historiquement, on dit aussi qu’il existait en Grèce Antique une fête où les rôles étaient inversés (dans l’esprit Carnaval ou fête des fous) et que cette fête tombait… 12 jours après l’équinoxe. Calculez : nous y sommes !!!

Légende de Noël : les animaux qui parlent !

A l’aube des fêtes, dans nos campagnes, les mystères de Noël font trotter l’imagination et bien souvent, il se raconte de drôles de légendes… En voici une que les anciens tenaient de leurs anciens qui eux-mêmes la tenaient des leurs. Autant vous dire qu’on ne s’y reconnaît plus. De mon côté… je remercie Michel Brice de me l’avoir contée un jour. Voici la retranscription : On racontait alors que dans le milieu de la nuit de Noël, les animaux, en souvenir du bœuf et de l’âne qui ont eu le privilège de réchauffer de leur souffle l’enfant dans la crèche, se mettent à parler. Vous avez bien lu : à parler !
Dans un village, près d’Equillemont, un garçon de ferme, plus curieux que les gens du village où il habitait, a décidé d’en avoir le cœur net. “Ne fais pas ça malheureux, lui dit sa mère. Ce sont les mystères de Noël, il ne faut point y démêler, mais juste y croire”. Mais têtu, le garçon décida de chercher la réponse à sa question : les animaux parlent-ils vraiment la nuit de Noël ?
Le soir de Noël, il se rendit dans l’écurie. Silencieusement, le curieux attendit. Rien. Il se décida alors à réveiller un cheval : “Dis donc la bête : raconte-moi un peu ce que tu vas faire demain !”. L’animal leva la tête et répondit tranquillement : “demain, je ne fais rien. Par contre, après-demain, je vais travailler pour toi.”
Tremblant, et plus surpris qu’il n’aurait pensé, le garçon de ferme erra dans la nuit, hagard. Après plusieurs heures, il rentra, se coucha et s’endormit. Le lendemain, il ne se leva pas. Il était mort. On le prépara, et le lendemain… aucun des chevaux du charretier ne voulait tirer la charrette. Enfin, non, pas tout à fait… Un seul voulut le faire : celui qui lui avait parlé la nuit de Noël et qui lui avait dit qu’il travaillerait pour lui… Et c’était bien vrai !
Bon.. en visuel, point de cheval mais l’Asne qui vielle, qui ne parlait pas mais voulait chanter !

Saint-Nicolas

Vitrail de Saint-Nicolas-Cathédrale-Chartres - Offert par les épiciers et merciers
Vitrail de Saint-Nicolas-Cathédrale-Chartres – Offert par les épiciers et merciers

Nicolas est probablement le saint le plus attendu par les enfants dans le nord et l’est de la France, idem en Belgique, Allemagne et tous les pays de l’est. En effet, traditionnellement dans ces régions, c’était lui qui apportait les cadeaux aux enfants, Noël n’étant que la célébration de la nativité et l’occasion de se retrouver en famille. Dès son enfance, Nicolas a eu une vie bien remplie et son parcours est jalonné de miracles de toute sorte. La plus connue et qui a fait de lui le protecteur des étudiants et des jeunes (allez voir une saint Nicolas dans les universités du nord : c’est très très festif !) : les 3 clercs assassinés par l’aubergiste et ressuscités par Nicolas. Bien évidemment, notre cathédrale n’est pas en reste en ce qui concerne les histoires de Saint-Nicolas : on le retrouve évoqué dans 4 verrières dont voici quelques photos.

Si vous regardez bien à droite de celui offert par les épiciers, un apothicaire prépare une potion avec le pilon et le mortier. A gauche, ce sont les épiciers, marchands d’épices rares dont on se servait aussi bien pour se parfumer que pour soigner ou donner du goût aux plats, et puis au centre les merciers, marchands de tout et de rien… en gros, l’ancêtre de nos bazars

Très bonne Saint-Nicolas à tous !

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Vitrail Sainte-Barbe – Eglise Saint-Aignan

Pour célébrer la Sainte-Barbe ce 4 décembre, voici une photo du vitrail qui évoque la Sainte dans l’église Saint Aignan. Ce vitrail est caractéristique de l’art du vitrail renaissance. Il date de 1515 – 1520. Sainte Barbe est surtout la patronne des pompiers mais également des polytechniciens. C’est le jour où traditionnellement, on mettait à germer des grains de blé dans 3 coupelles qui représente la Trinité. Ce blé germé sera ensuite placé le 25 décembre dans la crèche

La foire de la Saint-André

Elle n’est plus la même foire qu’autrefois, les animaux ont quasiment disparu… et pourtant, traditionnellement, nous l’avons tous connue noire de monde. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige : la Saint-André attire chaque année les chartrains et les euréliens. Autrefois, certains habitants du département se levaient à 3 heures du matin pour pouvoir profiter de la foire. Toujours située le dimanche le plus proche de la fête de ce saint, la Saint-André était l’occasion pour tous de faire les provisions avant les grandes intempéries de l’hiver. Rassurons nous : il y a toujours le jambon, le saucisson, comme autrefois !!! Au moyen-âge, tous les quartiers de la ville étaient concernés. Ainsi, le marché aux chevaux se tenait en ville haute au niveau de la rue des Lisses sur la butte des Charbonniers, les lisses étant ces poutres de bois qui permettent d’attacher les chevaux. Le marché aux pourceaux, quant à lui, se situait au niveau de la collégiale Saint-André. Cependant, pour des raisons sanitaires évidentes, on a dû le déplacer après les grandes épidémies de peste. En effet, le cimetière Saint-André se trouvait à proximité et les cochons déterraient les cadavres… ce qui est plutôt gênant pendant les fêtes.

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