Cathédrale

La Reine de Saba – Portail Royal Cathédrale de Chartres

La reine de Saba : une des statues les plus photographiées à Chartres

Mais le mot qui revient toujours lorsqu’on parle de cette statue est sourire. Effectivement, la belle reine du milieu du 12e siècle est une des premières sculptures romanes à esquisser un sourire. Cependant, si vous l’observez de plus près, un autre détail vous interpellera. Ce sont deux petits trous au niveau des pupilles. Ainsi, au moment de sa réalisation, nous aurions pu dire à la Reine de Saba au moment “t’as de beaux yeux tu sais !”.

reine-de-saba_chartres

gros-plan-reine-saba-chartresLa technique du trépan

Je vous dis “la Reine de Saba” mais plusieurs statues du portail royal ont ces petits trous au niveau des pupilles. Ceux-ci permettaient d’intégrer des morceaux de plomb ou de pierres semi-précieuses pour faire ressortir les yeux des personnages. Comment procédait-on ? La technique employée était celle du trépan. Ce mot d’origine grec signifie “je perce”. Des cavités sont donc percées pour accueillir les objets à faire ressortir. Cet outil est un foret manuel actionné grâce à un archet. Il permettait de faire ressortir le relief de l’objet travaillé. Vous noterez également des trous au niveau de la couronne : il est fort vraisemblable que notre jolie reine avait une couronne incrustée de pierres colorées.

elneOn peut donc dire que nos statues étaient peintes, mais également décorées. Je vous ai mis en dernière place une photo du cloître d’Elne (Pyrénées), roman comme le portail royal. Plusieurs statues des chapiteaux y ont les pupilles ornées de plomb.

Vous voulez en savoir plus sur la construction de la façade de la cathédrale et du portail Royal : découvrez un jour à Chartres !

Les poissons chartrains

1er avril oblige : petit retour sur nos poissons chartrains… Le saumon tout d’abord sur la maison qui porte son nom. Sachez qu’il était pêché en abondance dans nos rivières… mais que sa texture blanchâtre (il n’avait pas le sel pour lui donner sa couleur !) un peu caoutchouteuse n’en faisait pas un met goûteux.

Zodiaque-6773Le vitrail du zodiaque en la cathédrale présente un tandem de poissons fort sympathiques. Non loin de là, l’horloge astrolabique du 14e siècle avec son aiguille qui permettait de connaître la position du soleil, de la lune et surtout de savoir quel était le signe du zodiaque du moment. horloges-9724ccVous verrez aussi les petits poissons du portail nord (à droite dans les voussures extérieures) et enfin au portail royal, portail de droite (celui de la vierge) dans les voussures intérieures tout en bas (juste en dessous des gémeaux).

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Alors vous me direz, c’est bien joli, mais le 1er avril, ça veut dire quoi ? Quelques raisons s’entremêlent…


L’historique : Charles IX en 1564 a décrété l’édit de Roussillon afin d’uniformiser le calendrier annuel. Dans certaines villes ou régions, l’année commençaient à Pâques, au 1er mars, ou… au 1er avril. Charles IX a décrété que partout, le 1er de l’an serait le 1er janvier… Résultat : au lieu de se souhaiter la bonne année, on faisait des blagues le 1er avril.
La religieuse : même si cette année, Pâques était exceptionnellement tôt, souvent, le 1er avril tombait en plein carême. Comme le poisson (qui était le symbole de Jésus !) était un aliment très consommé pendant cette période, ce jour permettait de faire une pause tout en conservant le côté religieux et austère du carême. La pause était d’autant bienvenue qu’au Moyen-âge on affirmait que Jésus ne riait pas. La période de Carême était donc non seulement un jeûne alimentaire, mais également une période sans rire.
Historiquement, on dit aussi qu’il existait en Grèce Antique une fête où les rôles étaient inversés (dans l’esprit Carnaval ou fête des fous) et que cette fête tombait… 12 jours après l’équinoxe. Calculez : nous y sommes !!!

Le zodiaque et la notion de temps au moyen-âge

 

porches-zodiaque-cancerA l’heure des rappels calendaires sur nos téléphones ou autres réseaux sociaux, il est intéressant de savoir comment l’homme médiéval gérait son temps et surtout se repérait dans les heures, jours, mois saisons…

En effet, bien souvent, ces hommes et femmes d’autrefois ne savaient pas lire et c’est le soleil qui rythmait leur temps de travail et les nombreux repères qui jalonnaient la journée.

L’église gérait cette notion de temps par les moments de prière et de messe.

Ainsi, les cloches des églises et cathédrales donnaient les grandes divisions du jour (8 tranches de 3 heures) :

  • Frère Jacques doit sonner les Mâtines, première heure du jour qui était minuit.
  • Les laudes étaient à 3 heures,
  • Prime à 6 heures : c’est le début de la journée de labeur.
  • Tierce à 9 heures,
  • Sexte à 12 heures (qui correspondait à la sieste : on arrêtait de travailler),
  • None à 15 heures (à noter que les anglo-saxons considéraient none comme le milieu de la journée, d’où le noon pour midi)
  • Vêpres à 18h,
  • Complies à 21h (c’était l’heure où les gens devaient être chez eux).

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Colonnette portail Royal Chartres - La balance
Colonnette portail Royal Chartres – La balance

Cependant, il faut savoir que les jours et les heures n’étaient pas égaux entre les saisons : une heure d’été était bien plus longue qu’une heure d’hiver.

De même, pour repérer les mois, l’homme médiéval connaissait très bien le temps des travaux : comme le montre le Portail Royal de la Cathédrale de Chartres, ces travaux des mois (temps des vendanges, temps des moissons, temps de la chasse…) marquaient les grands moments de l’année.

C’est aussi pour cela que la plupart des horloges de cette époque se trouvaient dans les églises et cathédrales. Pensons à Strasbourg et sa magnifique horloge, mais aussi à notre Cathédrale de Chartres qui possède : un cadran solaire (l’ange au cadran, cher à Rainer Maria Rilke), le pavillon de l’horloge, une horloge astronomique dans son tour du choeur, les travaux des mois et signes du zodiaque au portail de la Cathédrale, les même signes du zodiaque représentés dans un vitrail du déambulatoire sud.

Verseau poissons

Concernant l’horloge astronomique (ou astrolabique), on retrouve représentés les signes du zodiaque et une aiguille “courbe” indique la position de la lune en fonction de chaque période de l’année.

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D’ailleurs, la plupart du temps, ces signes sont représentées conjointement avec les travaux des mois. Voici quelques exemples extraits de notre cathédrale : le Verseau (nous rentrons dans le signe : bon anniversaire les verseaux !). Je vous ai mis la représentation du portail Nord de la cathédrale (baie de droite voussure extérieure). Du même portail, le signe du Cancer est représenté par une écrevisse. A l’intérieur de la cathédrale, l’horloge du 15e siècle à 24 sections… et surtout au mécanisme savant qui indiquait la position de la lune dans le ciel à chaque période. Presque en face, se trouve le vitrail (je vous ai mis le verseau et les poissons).

Et enfin au portail royal, baie de gauche, les signes du zodiaque et les travaux des mois… mais également, si vous regardez bien les petites colonnettes sculptées (un vrai régal), vous trouverez celle de la photo où sont installés les signes du zodiaque. C’est un vrai bijou, une dentelle de pierre !

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Saint-Nicolas

Vitrail de Saint-Nicolas-Cathédrale-Chartres - Offert par les épiciers et merciers
Vitrail de Saint-Nicolas-Cathédrale-Chartres – Offert par les épiciers et merciers

Nicolas est probablement le saint le plus attendu par les enfants dans le nord et l’est de la France, idem en Belgique, Allemagne et tous les pays de l’est. En effet, traditionnellement dans ces régions, c’était lui qui apportait les cadeaux aux enfants, Noël n’étant que la célébration de la nativité et l’occasion de se retrouver en famille. Dès son enfance, Nicolas a eu une vie bien remplie et son parcours est jalonné de miracles de toute sorte. La plus connue et qui a fait de lui le protecteur des étudiants et des jeunes (allez voir une saint Nicolas dans les universités du nord : c’est très très festif !) : les 3 clercs assassinés par l’aubergiste et ressuscités par Nicolas. Bien évidemment, notre cathédrale n’est pas en reste en ce qui concerne les histoires de Saint-Nicolas : on le retrouve évoqué dans 4 verrières dont voici quelques photos.

Si vous regardez bien à droite de celui offert par les épiciers, un apothicaire prépare une potion avec le pilon et le mortier. A gauche, ce sont les épiciers, marchands d’épices rares dont on se servait aussi bien pour se parfumer que pour soigner ou donner du goût aux plats, et puis au centre les merciers, marchands de tout et de rien… en gros, l’ancêtre de nos bazars

Très bonne Saint-Nicolas à tous !

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Les cloches de la Cathédrale

mise-en-place-des-cinq-cloches-de-la-cathedrale-1723_imgIl y a 7 cloches à la Cathédrale.Voici une gravure qui commémore l’installation des cloches… grand moment dans la vie de l’église.

Le bourdon qui n’a pas de nom. Elle sonne les heures depuis le 16e siècle. En 1832, le conseil municipal de Chartres décide de rendre les sonneries moins importunes pour les habitants. Interdiction de sonner entre 1h du matin et 6h l’été (7h l’hiver). Les volées de cloches, quant à elles, ne devaient pas dépasser 5 minutes. Les 6 autres cloches de la Cathédrale, réalisées au 19e siècle portent des noms très évocateurs : Marie, Joseph, Piat, Fulbert, Anne et Elisabeth.

La question qui se pose : comment on montait ces cloches dans les hauteurs ?

Dans le clocher, il y a plusieurs trappes, à chaque niveau ou étage. Les manoeuvres étaient véritablement périlleuses, il fallait installer les instruments de levages dans la hauteur et y aller progressivement au moyen des classiques cordes et poulies et grues de levage.

Bourdon Chartres

Vous souhaitez plus d’informations sur la Cathédrale de Chartres (visites, horaires des messes, cérémonies, histoire…), n’hésitez pas à visiter le site officiel de la cathédrale.

Le groupe de l’Assomption de Bridan

Loire_Eure_Chartres4_tango7174Lorsqu’on pénètre dans la cathédrale de Chartres… elle nous apparaît tout au fond, dans le choeur, impressionnante, puissante : c’est la vierge de l’Assomption, sculptée par Bridan entre 1767 et 1773. La sculpture, de style baroque, est en marbre de Carrare. 4 blocs ont été nécessaires à sa réalisation. Elle fait 6 mètres de haut… et excusez du peu : pèse 30 tonnes. Un pilier a dû d’ailleurs être ajouté dans la crypte Saint-Lubin (juste en dessous) pour soutenir cette énorme statue.

l-assomption-de-la-vierge-vers-1773_imgLa statue faisait partie du grand projet de 1767 pour la transformation du choeur de la Cathédrale. En 1755, les frères Slodtz avaient proposé un projet qui fut abandonné car jugé trop couteux. Un autre architecte, Victor Louis, est alors pressenti et c’est Charles-Antoine Bridan qui va concevoir ce groupe de l’Assomption selon les dessins qu’il a réalisé. Il réalisera une esquisse, puis deux maquettes à des échelles différentes. La sculpture est inaugurée dans la cathédrale de Chartres le jour de Pâques 1773.

Cette sculpture est la “pierre” du 18e siècle prouvant que l’édifice a avancé avec son temps. Si vous l’approchez, vous remarquerez la délicatesse dans la façon de sculpter les ailes des anges. La puissance de l’envolée de la vierge tranche avec cette facture toute en finesse et élégance.